Le dispositif SMATFLOW déploie au Rwanda trois campagnes d'opinion structurées, identiques dans leur architecture à celles des autres pays du projet. Les questions sont concrètes. Les réponses sont signées par les citoyens eux-mêmes. Les données sont publiques, territorialisées, traçables.
Campagne 1 — Les priorités de vie
Qu'est-ce qui compte le plus dans votre vie ?
Dix besoins concrets de la vie quotidienne — emploi, logement, pouvoir d'achat, santé, éducation, eau et électricité, sécurité, entrepreneuriat, justice, circulation — et cinq débats spécifiques au contexte rwandais.
Chaque citoyen note chaque item de un à cinq. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Il y a la réalité de chacun. Le classement qui en résulte est une photographie des priorités réelles, territoire par territoire, signée par les citoyens eux-mêmes.
Le mot « débat » fait tout le travail. Les items un à dix sont des besoins concrets — des actions, des résultats tangibles. Les items onze à quinze sont des débats. Le citoyen rwandais voit immédiatement la différence de nature entre un problème concret et une discussion récurrente.
Campagne 2 — Le bilan des trente ans
Depuis 1994, qu'est-ce qui a changé dans la vie quotidienne des Rwandais ?
Pour chacun des dix domaines de vie, le citoyen évalue : nettement amélioré, un peu amélioré, inchangé, dégradé, ne sais pas. Les transformations documentées sont présentées avant la réponse — l'espérance de vie multipliée par 2,5, la couverture maladie à quatre-vingt-dix pour cent, le PIB multiplié par cinq, la création d'entreprise en une heure, les drones médicaux, les soixante et un pour cent de femmes au Parlement. Le citoyen juge avec les faits.
Ce n'est pas un référendum de soutien. C'est une mesure factuelle de la perception du changement par ceux qui l'ont vécu. Si les résultats montrent une amélioration massive sur la santé, la sécurité et l'éducation, les données parlent d'elles-mêmes. Et si un domaine est perçu comme stagnant, les données le montreront aussi.
Campagne 3 — Si les résultats sont là, qu'est-ce qui compte encore ?
C'est la question la plus directe du dispositif. Pour chacun des cinq débats rwandais, le citoyen répond : oui, ce débat reste important même si les résultats sont là, ou non, les résultats comptent davantage.
Le Rwanda est probablement le pays où les résultats seront les plus nets. Les Rwandais vivent les transformations au quotidien. Ils n'ont pas besoin qu'on leur explique ce qui a changé — ils le constatent dans leur accès aux soins, dans les routes, dans la sécurité, dans la propreté de leur ville.
Chaque position est également légitime dans le dispositif. Les données agrégées, publiées territoire par territoire, produisent un diagnostic que personne ne peut contester — parce qu'il émane des citoyens eux-mêmes.
Le mécanisme de preuve
La question que le projet SMATFLOW pose aux Rwandais n'est pas « soutenez-vous votre président ? ». C'est : « qu'est-ce qui compte dans votre vie ? ». Et la réponse, quelle qu'elle soit, sera publiée telle quelle.
Les réponses sont signées, territorialisées, traçables. Elles rejoignent un diagnostic collectif qui ne dépend d'aucun gouvernement, d'aucun parti, d'aucun média. Le Rwanda a été reconstruit par ses citoyens. Ce diagnostic sera construit par eux aussi. Les données montreront ce que les Rwandais vivent. Pas ce que des commentateurs extérieurs pensent qu'ils devraient vivre.
SMATFLOW publie. SMATFLOW ne commente pas.